le Figaro. Mohammed Aissaoui.

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Radio Campus

L’interview par Hoka Claude Gouin du vendredi 20 avril  est disponible ici.

Vous y trouverez également une sélection de morceaux, petite playliste de « l’Apocalypse de Jonathan » réalisée par cet extraordinaire Journaliste.

 

Samuel Dock,

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Troisième extrait de l’Apocalypse de Jonathan

 » Je mets de la musique, et bientôt le son qui vibre en moi et le long de la membrane des murs me soulève, fait jaillir mes sens. L’alchimie entre la technologie et l’acoustique, la frénésie et l’accalmie, je m’écoute. J’éteins les lumières. Je me sens bien. Parmi les ombres, je deviens enfin pur, plus de corps ni de fluides, de dégradation, de saletés ni d’écoulements, l’esprit est sauf. Je me sens respirer. Je me pelotonne dans la pénombre, un sarcophage tiède d’obscurité amie. Je suis vivant et à l’abri du monde qui tape contre la fenêtre. Il veut que je quitte la lune. C’est ce qu’ils veulent tous. Je me ressers un whisky. Une à une fanent mes inhibitions pour un autre état de conscience, alerte et accompli. Je m’allonge sur le carrelage de la cuisine. Le noir et le froid. Tout s’immobilise, je perçois la tessiture de mon nid, chaque atome, l’essentiel. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, à écouter mes pulsations, à courir après ma vie fœtale, à imaginer l’état de mort parfaite. Personne ne sait ce que je fais, je suis libre, enfin. Tout est calme, la musique me parvient de loin. Un instant mon univers me paraît gigantesque grâce à tous les cœurs battant à l’unisson dans la nuit. Je me dis que l’art, c’est d’avoir une vision personnelle. Un œil, là, tout à l’intérieur. La virtuosité de la pensée que traduit le corps. Être artiste, c’est être honnête. Il peut y avoir tant de paix, tant de sérénité… Je suis un artiste.

Mentir. « 

Samuel Dock

Premier extrait de l’Apocalypse de Jonathan.

« Le scénario est prototypique, les pères sont improvisés, ils rêvent à eux-mêmes et ne tolèrent pas un réveil en forme d’échec, ils veulent être des hommes alors ils partent sans cesse, sont des essaims qui geignent de se voir pleurer. Nous n’étions pas attendus, il nous le répéta souvent mais seul moi pus l’entendre, comprendre les diverses implications d’un tel propos qu’il soit vil prétexte ou honnête ressenti. Lionne s’embellit encore pour lui quand je présume qu’il a dû refaire sa vie, supprimer l’importune de son écran intérieur comme il l’a toujours fait. Nous étions les témoins d’une perte : de temps pour lui, de la liberté de l’irresponsabilité, d’une alternative avortée, toujours plus et mieux. Désirés ou pas, j’imagine que nous sommes tous là par hasard. Nos parents nous confectionnent des corps périssables, certains d’entre nous se vengeront et s’acharneront à poursuivre le cycle corrompu, à faire moins de place sur la planète, à prier que l’être nécessairement complémentaire fera mieux. Ils espèrent alors qu’il est encore un minuscule morceau de chair, qu’il révolutionnera son petit concept ou trouvera au moins une utilité quelconque, pauvre créature sans conscience mais déjà redevable. Juste quelques mois de paix. J’aimerais ne pas avoir à porter le poids des générations pourrissantes qui m’ont précédé. Petite sœur, les destructeurs ce sont toujours eux. Être l’unique représentant d’une espèce inconnue. Je flotterais dans l’espace, en rêvant à d’autres mondes. »

Samuel Dock