Punchlines chez Garoupe!

Disponible ici, merci Alex!!

Prend ça dans ton ego !

Je connais un peu (beaucoup) Samuel Dock. J’ai déjà eu l’occasion de me pencher sur ses écrits à quatre mains avec Marie-France Castarède (« Le nouveau choc des générations » et « Le nouveau malaise dans la civilisation »). Là, pour une fois, c’est un travail « en solitaire » que j’ai pu lire. Je mets « en solitaire » entre guillemets car s’il rédige ici seul, c’est presque une œuvre collective !

Samuel Dock est psychologue clinicien. Il pratique exclusivement auprès d’adolescents, tranche d’âge entre 12 et 17 ans. A partir d’échanges avec ses patients ou de réflexions de ceux-ci, Samuel Dock aborde de nombreux sujets qui ne concernent pas forcément que des adolescents. Les adultes en tant que parents ou tout simplement en tant que personnes peuvent, et doivent, se sentir concernés par les propos des adolescents en question aussi bien que par les réflexions de l’auteur qui répondent ou approfondissent les thèmes abordés.

Tour à tour drôles ou profondes, cinglantes ou lucides, subtiles ou légères, aucune de ces punchlines n’est totalement innocente. Les propos de Samuel Dock permettent parfois de relever simplement l’intelligence du propos (et donc du patient), de souligner certains aspects de son métier, d’aborder des travers de la société qui se reflètent aussi bien chez des adolescents que chez des adultes.

Samuel Dock prouve que l’humour n’est pas ennemi de la profondeur mais qu’au contraire l’un peut être une manière différente d’aborder l’autre comme les deux versants d’une montagne dont on gravirait l’un pour mieux accéder à l’autre.

Et puis il y a la tendresse (attention, je n’ai pas parlé de rétro-transfert, hein !) avec laquelle Samuel Dock observe ses patients. Le recul et la distance nécessaires à la réalisation de son métier ne l’empêchent pas d’avoir un regard humain sur des adolescents qu’il a pu aider et suivre.

 

Garoupe

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Interview pour Côté Maison

Samuel-Dock002-428x600L’interview est disponible ici. Merci à Florence Batisse-Pichet

Curieux, joyeux, intarissable, il sait être à l’écoute et en empathie : il en a fait son métier. Psychologue clinicien et essayiste, Samuel Dock bouscule les lignes dès qu’il le peut. S’il aime décrypter les mutations de notre société, c’est toujours avec une analyse fine, parfois même cinglante. Perfectionniste, il aime jongler avec les mots et les concepts. Dans ses précédents essais « Le Nouveau choc des Générations » et « Le Nouveau Malaise dans la Civilisation » co-signés avec Marie-France Castarède  des ouvrages qu’il qualifie lui-même de plutôt « sombres », il y avait l’épaisseur et la densité d’une analyse théoricienne – parfois universitaire -, changement de style et de cadre !

Il nous offre dans ce « Punchlines » paru chez First (mai 2018), les coulisses de son quotidien en prise avec ses jeunes patients. C’est décapant, drôle, touchant… Chaque item se lit comme une chronique radio – Tiens, France Inter pourrait être un partenaire idéal pour en diffuser un billet quotidien – : un verbatim d’ado, parfois même sous la forme d’un mini dialogue, suivi du  commentaire et regard du professionnel.

Plus d’une centaines de thèmes sont ainsi passées en revue : de « Tabou » à « Business » en passant par « Névrose », « Don Juan » ; « Pinder » : « La politesse » : « 10% » : « Gymnastique » ; « Patte de mouche » ; « Girl Power » ; « Christine Cordula » ; « Raconter sa life » ou encore « Black mirror »… Parmi les pages, les plus irrésistibles, celle sur « La phobie des Bogdanov » en page 65 ! Cette immersion auprès des jeunes patients de Samuel Dock, nous en dit finalement très long sur le malaise de notre société. Une lecture pour le meilleur et pour le rire dont il se dégage un vrai souffle de fraîcheur…

Punchlines - First

 Comment te définis-tu ?

Un chaos unifié. Une sommité de paradoxes, de contradictions, d’idées et d’affects sauvages qui cohabitent en bonne harmonie malgré leurs dissemblances. Une pensée toujours en mouvement où la créativité et la frustration voisinent en permanence.

C’est quoi ton activité ?  Je suis psychologue et écrivain.Jusqu’à maintenant, en tant qu’auteur, j’ai surtout écris des essais où j’essayais de décrypter les conséquences de l’hypermodernité sur notre rapport à nous-même et aux autres. En tant que psychologue, je travaille beaucoup avec les adolescents. Les transformations psychiques et physiques qui marquent le passage de l’enfance à l’âge adulte les rendent extrêmement sensibles à leur environnement et ce sont pour moi des témoins naturels de leur époque.

Tout soignant que je sois, j’apprends beaucoup à leurs côtés et découvrir leur perception du monde Je crois que je suis resté un peu ado moi-même et que c’est pour ça que je parviens à les écouter et les comprendre, à accueillir sereinement leur sentiment de révolte, souvent légitime, toujours vital.

 Fais-nous le pitch ! Dans mon dernier livre « Punchlines, des ados chez le psy » j’ai recueillis les propos de certains de mes patients âgés de 12 à 19 ans. Je voulais casser les stéréotypes sur cet âge de la vie en présentant une jeunesse énergique, intelligente, incisive, inventive et…redoutable sur le plan de la rhétorique ! Je désirais également casser quelques clichés  sur la psychothérapie et donner au grand public des clés de compréhension de cet univers encore méconnu !

C’est un livre qui ne s’adresse pas particulièrement aux parents mais plutôt à l’ado que chacun d’entre nous a été et qui continue de vivre en nous ! Après « Le Nouveau choc des Générations » et « Le Nouveau Malaise dans la Civilisation », des ouvrages plutôt « sombres », je voulais offrir à mes lecteurs un livre qui fait du bien, qui donne le sourire et accorde une vraie bouffée d’oxygène. J’espère que ceux qui me suivent depuis plusieurs années, à travers mes livres ou mes tribunes au Huffington Post, ne sortiront pas trop déstabilisés de ce drôle de pari !

 Le déclic ? L’origine de cette orientation ? Depuis quand ?

J’ai toujours écris et toujours souhaité devenir écrivain (sauf entre mes six et huit ans, époque à laquelle je rêvais de devenir paléontologue !). Après un Bac L, j’ai choisis de m’inscrire en fac de psychologie après avoir rencontré un professeur de psychologie sociale un peu déjanté. Je ne souhaitais pas m’inscrire en Lettres car j’avais peur que l’on influence mon style, ma manière d’aborder la littérature.

La psychologie me semblait la voie royale pour permettre aux personnages que j’inventais de gagner en densité. Mais au fil du temps, je me suis aperçu que j’aimais profondément le soin psychique, aller à la rencontre de l’autre, puiser dans les blessures de mon histoire les forces vives pour soutenir le patient qui se confiait à moi, et grandir avec lui.  Aujourd’hui les deux sont parfaitement indissociable dans mon existence, la clinique et la littérature se nourrissent continuellement dans mon esprit.  L’écriture a construit mon moi. La psychologie m’a sorti de moi.

 Ton lieu de travail ? J’ai des consultations dans un grand hôpital pédiatrique parisien, hélas dans un box (j’ai horreur de ce terme !) un peu austère à mille lieu d’un cabinet de consultation libéral, cosy et confortable.  Le reste de mon activité se fait à Corbeil-Essonnes dans un service de protection de l’enfance. Pour l’écriture, c’est un peu plus compliqué. J’ai toujours écris chez moi jusqu’à ce qu’il y a deux ans, j’emménage dans un appartement dans lequel je ne parviens pas du tout à créer, alors je m’exile dans les cafés et les bibliothèques !

Une première création emblématique ?  « L’apocalypse de Jonathan » en 2012. C’était mon premier roman et le livre dans lequel j’ai pu mettre une grande part de mes fragilités, de mes doutes les plus discrets comme de mes angoisses les plus tapageuses ! J’ai encore deux essais en cours de rédaction sur des sujets qui comptent beaucoup pour moi, j’espère qu’une fois terminés, je pourrai m’accorder le temps de revenir à l’écriture de fiction.

Ce qui t’inspire au quotidien ? En premier ressort, l’injustice, sous toutes ses formes. C’est ce qui me met en colère et me donne envie de me battre pour changer les choses, et donc d’écrire. J’ai aussi, chevillé au corps, le besoin impérieux de critiquer les impostures intellectuelles et les mensonges idéologiques partout où je les décèle.

Ton défi ? Réussir à continuer mon parcours en faisant valoir une totale intégrité, ne jamais agir en contradiction avec mes valeurs, mon identité ou avec ce que me dicte mon instinct. Ecrire et dire tout ce que j’ai à écrire et à dire sans jamais transiger, ni avec moi-même, ni avec qui que ce soit d’autre.

Une femme / un homme exemplaire dans ton panthéon personnel ?  Une femme, Julia Kristeva que j’ai accompagné dans la rédaction de ses mémoires « Je me voyage ». Elle est pour moi une amie, un modèle et un mentor. J’ai conscience d’avoir une chance incroyable de l’avoir à mes côtés.

Un mantra ? Ou Un cri de victoire ? Un mantra un peu bête « ce qui est fait n’est plus à faire ». Par contre pas de cri de victoire pour moi, car en règle général, lorsque j’atteins un objectif, je m’interroge tout de suite « bon, ça s’est fait, quelle est l’étape suivante ? ». C’est peut-être pour cela que je n’apprécie jamais pleinement l’instant mais c’est aussi ce qui me permet de toujours me projeter vers l’avant et de ne jamais me reposer sur mes lauriers.

Un rituel avant de démarrer ta journée ? J’allume la musique, elle m’accompagnera tout au long de la journée.

 Un QG inspirant à Paris ou ailleurs où l’on peut te croiser ? Pour écrire, au Café Métro, Place Daumesnil. Ce n’est pas loi de chez moi et j’aime voir les passants défiler devant les grandes baies vitrées quand je lève le nez de mes écrits. Ou alors au Café Pauline, à cours Saint Emilion. J’apprécie la muraille émeraude formée par l’alignement des arbres du parc Bercy et le chant des oiseaux, et quel bonheur de ne pas entendre le bruit des voitures ! Enfin, mon QG pour retrouver des amis, c’est Le Baron, rue de Châteaudun, leurs cocktails sont des délices et leur aperitivo est un moment immanquable !

Punchlines, des ados chez le psy, First (mai 2018)

Samuel Dock tient également une tribune libre au Huffington Post.

Punchlines dans l’Est Républicain

32271867_696916500699716_5170709087544934400_nMerci à Eric Daviatte. L’article est disponible ici
Mots d’ados, par Samuel Dock
« Névrosé, j’ai compris que c’était le synonyme de casse-couilles ! » Marc, 15 ans, ne croyait pas si bien dire. Samuel Dock, psychologue clinicien originaire de Franche-Comté, explique : « Si on pense à tout ce que Freud ou plus tard Lacan et Dolto ont écrit sur la névrose et son rapport à ce que l’on appelle ‘’la castration’’, on ne peut pas donner complètement tort à ce patient ! »

La petite phrase de Marc est l’une des pépites du dernier livre de Samuel Dock Punchlines des ados chez le psy , à paraître le 16 mai prochain aux éditions First. « Ce livre est né sur les réseaux sociaux. J’avais pris l’habitude de mettre quelques citations de mes patients ados en ligne pour montrer leur côté mordant, leur capacité à raisonner et ce, pour contrer l’image de l’ado moyen qui ne réfléchit pas. Devant le succès de ces punchlines, j’ai décidé d’en faire un livre. Pour cela je me suis rapproché des éditions First qui me séduisaient pour leur format et quelques très bons ouvrages comme LOL est aussi un palindrome écrit par Mathilde Lesveque. »

Punchlines des ados chez le psy est un livre joyeux, mais aussi militant qui montre que les ados d’aujourd’hui ont « une véritable lucidité quant à eux-mêmes et sur le monde qui les entoure ». Lucidité de mise, mais aussi beaucoup de distanciation de d’humour. Dans « Le Nouveau choc des générations », coécrit avec Marie-France Castarède, Samuel Dock parlait du désenchantement de la génération Y à laquelle il appartient. « Mais c’est différent avec la génération Z, les ados d’aujourd’hui n’ont pas le même rapport au deuil. Ils sont nés avec le chaos, connaissent les catastrophes, le réchauffement climatique. Ils ne sont pas postmodernes mais hypermodernes. »

Pour Samuel Dock, cette hypermodernité amène au dépassement, à la recherche de l’indicible. « Ils veulent voir le meilleur de chaque situation. »

Punchline après punchline, le sentiment se confirme. Cette jeunesse-là vaut le détour, s’exprime avec une réflexion aiguisée. « Vous savez, à force de dealer, j’ai acquis des compétences, je sais gérer les clients, le SAV, la com, les infos produits, etc. Je suis doué pour le commerce ! Mais allez dire ça à Pôle Emploi, vous verrez la réaction ! » Aujourd’hui, Tarek, 19 ans, suit une, formation pour travailler dans les ressources humaines. C’est Samuel Dock qui le précise, tout comme il enrichit chaque citation d’un petit commentaire. Car, le livre n’est pas qu’un ouvrage de citations, il est aussi l’occasion pour le psychologue clinicien de parler de sa profession, loin des clichés poussiéreux

Destiné à tous, jeunes, moins jeunes, adultes et anciens, Punchlines des ados chez le psy est un livre solaire à savourer page après page. Les ados y verront un manifeste de cette nouvelle pensée. Les adultes quant à eux s’inspireront de l’épigraphe choisie par Samuel Dock et signée Donald Woods Winnicott : « La menace que représente l’adolescent s’adresse à cette partie de nous qui n’a pas eu réellement son adolescence et qui fait que nous en voulons à ceux qui peuvent avoir ce passage. » L’adolescence est un deuil et nombre d’entre nous n’ont pas pu le faire. Alors autant sourire ! Allez, un dernier pour la route, signé Luc, 15 ans : « Je regretterai toute ma vie d’être vache comme je le suis avec ma mère mais ce n’est certainement pas assez bouleversant pour en faire une dépression. » T’as raison, Luc.